Les traditions régionales

En France, le découpage administratif en régions n’a pas été réalisé de manière purement arbitraire: il respecte, tant que faire se peut, les identités culturelles, témoins du passé, de l’histoire. La Bretagne, la Provence, par exemple, ont des identités très fortes, liées aux péripéties de l’histoire. La Corse, quant à elle, a tant revendiqué son identité qu’elle a obtenu un statut administratif particulier.

Chaque région a ses vêtements traditionnels, ses spécialités culinaires, ses danses folkloriques, ses proverbes et ses objets usuels. Afin de découvrir toutes ces identités régionales, il suffit de se rendre au Salon de l’agriculture, qui se tient à Paris tous les ans au mois de février: toutes les régions françaises sont représentées et l’on peut déguster fromages, gâteaux, charcuteries, etc. Il suffit encore de regarder les journaux télévisés pour comprendre l’importance des traditions dans les régions (le journal de 13 heures le plus regardé de France ne consacre-t-il pas une rubrique entière à ce thème?

Ce n’est qu’au XVllle siècle que l’on va s’intéresser en France aux traditions populaires régionales pour s’apercevoir un siècle plus tard, à la Révolution, que la France est riche de coutumes, de fêtes, de croyances et de traditions orales qui remontent parfois à la mémoire des temps les plus anciens, sans compter sur la gastronomie régionale qui repose sur une tradition qui se transmet souvent de mère en fille! Ces traditions sont aujourd’hui très en vogue grâce à des festivals de renom où cette culture populaire connaît un succès grandissant. L’exemple le plus saisissant est celui donné par le Festival interceltique de Lorient dont le succès va croissant et qui rassemble une foule considérable autour de cette notion de « celtitude » qui est, et pour de bonnes raisons, la plus ancrée chez une majorité de français.

Sans doute cite-t-on toujours les mêmes grandes régions pour leurs traditions vivaces, mais il ne faudrait pas manquer de les évoquer, surtout à travers l’histoire collective d’une France qui s’est construite sur un socle… celte. Car les Gaulois n’eurent pas vraiment l’importance qu’une bande dessinée a bien voulu leur donner ! Ce sont les Celtes qui peuplèrent le territoire de ce qui allait devenir la France et que César nomma (à tort) la Gaule. Et ce sont de leurs traditions dont les Français sont héritiers et que l’on retrouve à travers bien des régions sous diverses formes. Tout d’abord en

Bretagne, où les traditions sont sûrement parmi les plus vivaces et où l’on continue de pratiquer une langue régionale et de se transmettre de génération en génération des histoires, des gestes, des danses, des rites d’un autre âge.

Si l’on ne peut recenser toutes les histoires, toutes les fêtes et les coutumes, voici quelques régions réputées pour avoir su conserver leurs traditions (on remarquera que toutes ces régions ont également conservé une tradition orale forte au moyen d’une langue régionale toujours parlée).

Il suffit de se rendre dans une petite ville bretonne lors d’un « fest noz » pour comprendre toute l’importance de ce passé et se laisser entraîner dans une danse (en tenant le doigt de son voisin) pour rentrer en harmonie avec de lointaines traditions. Autre tradition typiquement bretonne, les pardons qui sont d’abord des processions religieuses avant de se transformer en fêtes patronales offrent le spectacle vivant et pittoresque d’une région qui transmet ses traditions avec ferveur. En pays Bigouden, on pourra admirer des coiffes et des costumes typiques.

L’Alsace, de l’autre côté du pays, est bien connue également pour avoir conservé ses traditions comme celle des célèbres marchés de Noël, de Saint-Nicolas et de Hans Trapp, des coiffes (avec ce grand noeud frontal) et des costumes devenus emblèmes et de la cigogne qui continue d’apporter les petits Alsaciens. C’est en Alsace que l’on a le plus de chance de «tomber» sur une fête traditionnelle (non encore marchande) appelée messti ou kilbe où l’on peut encore ressentir l’âme d’un village.

Entre France et Espagne, le Pays basque est fier de traditions qui lui sont propres. Qu’il s’agisse de traditions sportives (et l’on ne parle pas ici de la tauromachie, mais de la pelote basque ou de la force basque), d’un savoir-faire artisanal transmis de génération en génération (le linge basque ou la malika, sorte de canne-épée) ou de traditions vestimentaires (le célèbre béret basque), le Pays basque est une région à part qui cultive ses traditions naturellement. En effet, ici, traditions ne riment pas avec passé, mais elles s’inscrivent dans le quotidien et la modernité comme une évidence.

Si l’on peut regretter parfois que certains coins de Provence en « rajoutent » dans la tradition pour attirer le touriste, il faut reconnaître qu’elles sont magnifiques ces traditions qui tournent autour de Noël avec les crèches et les fameux santons (sans oublier les treize desserts !), un artisanat d’art exceptionnel et une langue que Frédéric Mistral maniait avec tant d’élégance. Mais la Provence semble poser une question utile en conclusion de ce chapitre: tout est-il amené à devenir «traditionnel »? Les tissus indiens ne sont pas provençaux — le pastis, la sieste, la partie de pétanque font-ils partie des traditions?

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