Les langues régionales

Héritées des nombreuses invasions qui suivirent la domination de l’Empire romain, les langues régionales sont encore très majoritaires dans le peuple français au XVIII’ siècle (on estime que moins d’un quart de la population pouvait comprendre ou parler le français). Il n’y a’ guère qu’en Ile-de-France, en Champagne, en Anjou, en Touraine, dans le Berry et en Beauce que le français réussit à s’imposer totalement. Et c’est grâce aux nombreuses relations commerciales qui se créent à cette époque dans le royaume (qui dispose d’un réseau routier excellent) que la langue française va s’imposer petit à petit comme langue obligatoire des échanges commerciaux, alors que l’école (où l’on enseigne d’abord le latin avant le français) n’est pas encore obligatoire. C’est la Révolution française, qui veut unifier langue et nation, qui va déclarer, la première, la guerre aux langues régionales (1794) interdisant leur emploi dans tous les textes écrits.

 

Malgré l’épisode napoléonien (le grand homme de langue maternelle corse fit cesser tous les efforts en vue de la promotion du français) et la « bbérabsation » du langage prônée par les écrivains («Tous les mots sont égaux en droit, Victor Hugo), le français ne cesse de gagner du terrain et s’intègre même aux patois qui disparaissent (en 1863, moins de 20 % de la population ignore encore le français). Pour finir d’imposer le français comme langue nationale, l’école va jouer, par son caractère obligatoire (1881), un rôle capital, notamment en Bretagne où l’on va étouffer le breton (M. Dosimont, inspecteur d’académie en 1897: Un principe qui ne saurait jamais fléchir: pas un mot de breton en classe ni dans la cour de récréation.) On se souvient encore en Bretagne des panneaux que l’on trouvait dans les lieux publics : »Interdiction de parler breton et de cracher par terre. », et les nombreuses brimades qui attendaient les élèves qui osaient prononcer un mot de leur langue maternelle. Mais les langues régionales ne sont pas disparues pour autant. La France, signataire de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, redécouvre ses richesses linguistiques alors que l’on trouve aujourd’hui près de 2 500 mots empruntés directement à l’anglais dans notre dictionnaire. Le français est la langue de la République que tout enfant doit apprendre à l’école, mais il peut exister un enseignement bilingue qui suscite bien des controverses dans certaines régions (Corse, Bretagne notamment).

Si le français est donc la langue officielle, d’autres langues régionales sont officiellement reconnues:

le breton, le catalan, le corse, l’occitan, le basque, l’alsacien et le flamand, sans oublier les langues parlées outre-mer comme le mélanésien ou le polynésien.

La langue basque (en basque euskara) est la plus anciennement parlée en Europe. C’est un des rares idiomes de ce continent qui ne proviennent pas de l’indo-européen. Le pourcentage de locuteurs reste assez élevé en pays Basque Nord (environ 25 %, soit près de 70 000 locuteurs), tandis qu’en Espagne où le basque est parlé par quelque 700 000 personnes, le pourcentage de locuteurs a tendance à remonter chez les générations les plus jeunes, grâce aux politiques linguistiques menées par les gouvernements autonomes.

Le breton (en breton brezhoneg) est la seule langue celtique présente sur le continent. Il est parlé à l’ouest d’une ligne allant de Paimpol à Vannes. L’enseignement et les médias (Breizh TV) utilisent de plus en plus une langue unifiée. Les locuteurs sont au nombre d’environ 240 000 (soit 20% de la population de la zone bretonnante), la plupart âgés.

Le corse appartient au groupe linguistique italo­roman. La langue corse est employée dans l’ensemble de l’île, à l’exception de la ville de Bonifacio où l’on parle un dialecte d’origine génoise. Le mouvement culturel corse n’a pas cherché à imposer une langue unifiée à l’ensemble de l’île. On assiste toutefois, depuis quelques années, chez les intellectuels, les créateurs, les professionnels de la communication, à l’émergence d’un «corse élaboré» relativement unifié.

Le catalan est parlé au sud des Pyrénées par plus de six millions de personnes et dans le Roussillon par quelque 100 000 personnes. Depuis la Rennaissance du XIX, siècle, le catalan est doté de tous les instruments permettant son utilisation comme langue officielle et scientifique. Il est langue co-officielle en Catalogne espagnole.

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